Patrimoine forestier
Table des matières
Avant-propos
La forêt se développe naturellement sans intervention humaine, mais ses fonctions sont définies par les besoins de la société. Tout au long de l’histoire, la forêt a évolué selon les impératifs sociaux et économiques :
Avant l’ère romaine jusqu’au Moyen-Âge (grands défrichements) : Passage d’un milieu hostile à un réservoir de ressources.
Ère préindustrielle : Reléguée au rang de réservoir de bois, de fourrage et de litière.
Fin du XIXe siècle : Régénération possible grâce au remplacement du bois par d’autres sources d’énergie (charbon, pétrole).
Les forêts d’aujourd’hui reflètent cette évolution :
La surface forestière et les réserves de bois ont continuellement augmenté depuis un siècle.
L’évolution de l’agriculture influence le paysage :
Des secteurs anciennement pâturés se sont refermés (spontanément ou de manière planifiée : déplacements de clôtures, projets de reboisement).
D’autres secteurs ont vu le boisement disparaître au profit de la faucheuse ou de la charrue.
La gestion forestière des cent dernières années a été marquée par le souci de reconstituer le capital-bois. Le service forestier a donc poursuivi une politique prudente en fixant des quotités plutôt basses, afin de ne jamais prendre le risque de laisser les propriétaires surexploiter leurs forêts. Cette politique a manifestement fait ses preuves : le matériel sur pied est actuellement élevé, à tel point qu’il faut maintenant plutôt lutter contre une sous-exploitation !
On a longtemps considéré que les fonctions forestières autres qu’économiques étaient assurées et garanties par le simple fait d’exploiter les forêts ; il est vrai que certains surcoûts liés à ces fonctions ne pesaient en général pas trop lourd en regard des revenus de la vente des bois qui couvraient largement les frais d’exploitation.
Depuis Lothar, la situation a fondamentalement changé : l’exploitation des forêts n’est plus vraiment rentable en terme financier, et les comptes forestiers peinent à boucler dans les chiffres noirs.
La société est devenue plus exigeante en terme de mobilité, de sécurité, d’espaces de loisirs, de nature.
La place prépondérante traditionnelle de la fonction de production est parfois remise en cause dans le grand public.
Cette évolution se reflète dans la Loi cantonale sur les forêts, entrée en vigueur le 1er janvier 1998, qui demande que l’on procède régionalement à une analyse des fonctions et que l’on mette des priorités dans la gestion forestière, ceci afin de garantir à long terme les intérêts publics liés à la forêt.
Si en grande partie les forêts conservent une vocation multifonctionnelle, certaines méritent une gestion plus orientée vers l’une ou l’autre des fonctions suivantes :
La fonction de protection contre les dangers naturels
La fonction de protection contre les dangers naturels
L’érosion du flanc des montagnes (glissements de terrain, laves torrentielles, chutes de pierres) constitue un pro-cessus géologique naturel. Le boisement peut influencer la rapidité et tempérer l’énergie de ces processus.
Les chutes de pierres :
Les nombreuses falaises qui affleurent sont sources de chutes de pierres, par l’action du gel (zone de déclenchement); les terrains escarpés (principalement dès 60% de pente) permettent aux cailloux d’atteindre leur pleine vitesse (zone de transit); en dessous de 60% de pente (zone de dépôt), les cailloux terminent leur course ; la présence ou non d’un peuplement forestier est évidemment déterminante sur la vitesse de chute et le chemin de freinage.
Les glissements de terrain :
Ils sont plus rares, mais surviennent épisodiquement. Si l’effet préventif du couvert forestier est relativement faible en cas de risque de glissements profonds, il peut être déterminant pour éviter des glissements superficiels (jusqu’à 2 m de profondeur) et contre les risques d’érosion (effet d’ancrage par les racines, effet de pompage de l’eau dans les sols peu perméables).
Les crues des cours d’eau :
Le couvert forestier dans les bassins versants des torrents affluents de la Suze atténue la violence des crues, même s’il ne les prévient pas toujours; en cas de fort débit, les rives sont renforcées par la présence de la végé-tation. La forêt du lieu-dit « Les Coperies » est en grande partie une forêt protectrice cours d’eau (FPCE). Ce qui permettra prochainement de subventionner une partie de la réfection du chemin dans le cadre de l’entretien des forêts protectrices.
Les effets de la forêt sur les dangers naturels dépendent de la géologie, de la topographie, des essences, du poids des arbres, de leur centre de gravité et de leur hauteur. Les arbres couchés ont un effet positif car ils aug-mentent la rugosité du terrain. Les pierres stoppées restent définitivement immobilisées. Des soins sylvicoles ci-blés peuvent permettre de remplacer des ouvrages de protection ou du moins les redimensionner en fonction d’un déploiement d’énergie plus faible.
Notre société démontre des exigences croissantes en matière de sécurité et de protection ; ainsi l’implantation de la voie ferrée, et de la Transjurane ont-elles augmenté les exigences envers le rôle protecteur de certains mas-sifs; il peut en aller de même lors d’extensions de zones à bâtir par exemple. La pression du public par l’essor des activités de loisirs en plein air peut aussi nécessiter une réflexion sur les risques admissibles.
La fonction économique
La fonction économique
Notre société démontre des exigences croissantes en matière de sécurité et de protection ; ainsi l’implantation de la voie ferrée, et de la Transjurane ont-elles augmenté les exigences envers le rôle protecteur de certains massifs; il peut en aller de même lors d’extensions de zones à bâtir par exemple. La pression du public par l’essor des activités de loisirs en plein air peut aussi nécessiter une réflexion sur les risques admissibles.
Les problèmes inhérents aux productions primaires n’épargnent pas l’économie forestière : la fourchette entre les revenus de la vente des bois et d’autre part l’évolution des salaires et les coûts de production s’est constamment dégradée ces dernières décennies, mettant à mal les comptes forestiers.
La gestion forestière de Plagne confirme une approche durable, avec une production de bois annuelle qui dépasse légèrement les coupes autorisées.
Accroissement annuel estimé :
~8m³ par hectare (Représente un cube de 2 m de côté par hectare)
Production annuelle totale :
1826m³ (Basée sur 228.28 ha de forêts de Plagne x 8 m³/ha)
Possibilité de Coupe:
1721 m³ (Quantité maximale exploitable)
Détail de la possibilité annuelle de coupe
Feuillus : 1247 m³
Résineux : 474 m³
Pâturages boisés : 200 m³
Surface annuelle à traiter : 11.5 ha
L’évolution des peuplements au cours du dernier siècle montre une augmentation constante des réserves de bois et une part croissante des essences feuillues.
| Année | Volume sur Pied (par hectare) |
| 1932 | 149 m³/ha |
| 1980 | 350 m³/ha |
| 2012 | 400 m³/ha |
La desserte des forêts est un facteur déterminant pour la fonction de production (accessibilité pour le personnel et les machines, possibilités d’entreposage et d’évacuation des bois, distances de débardage, dégâts d’exploita-tion au peuplement restant, etc). De très grands efforts ont été fournis par les propriétaires forestiers dans la construction de chemins forestiers ces 30 dernières années ; on peut considérer que les besoins en infrastruc-ture de ce genre sont actuellement couverts, à quelques exceptions près. L’utilisation plus fréquente des grues à câbles ces dernières années a permis localement de renoncer à la création de pistes forestières.
La fonction de protection de la nature et du paysage
La fonction de protection de la nature et du paysage
Le Rôle de Refuge Naturel
La forêt est souvent perçue par le public comme le dernier bastion de la nature. Cette perception est accentuée par plusieurs facteurs :
- Les efforts des associations de protection de la nature.
- Les débats historiques sur le dépérissement forestier (années 80 et 90).
- L’extension des zones urbaines.
- L’évolution des paysages agricoles.
Ces éléments renforcent le rôle de la forêt en tant que refuge naturel essentiel.
Éléments Contribuant à la Richesse Biologique
La biodiversité et la richesse biologique de la forêt sont soutenues par la présence de divers éléments structurels et paysagers :
- Structure irrégulière des forêts.
- Présence d’arbres morts.
- Existence de zones humides.
- Présence de clairières.
- Transitions entre forêts d’altitude et pâturages boisés.
Les pâturages boisés, particulièrement ceux situés sur des terrains secs, présentent également une grande diversité spécifique.
Un Effort Collectif
La protection de la nature en forêt doit être un effort constant et partagé. Elle implique non seulement les forestiers, mais aussi l’ensemble des acteurs concernés :
- Promeneurs
- Agriculteurs
- Chasseurs
- Tous les acteurs impliqués dans l’utilisation et la gestion du territoire.
La fonction d’accueil
La fonction d’accueil
Avec l’évolution de notre société, la fonction sociale de la forêt prend de l’importance : la population, notamment citadine, recherche dans la nature une compensation au stress de la vie active ou un terrain propice à la pratique d’activités sportives. Les moyens de déplacements et le réseau de chemins praticables en véhicule rendent faci-lement accessible n’importe quel endroit de Plagne.
Sur les hauteurs, le village domine le vallon. Il présente beaucoup d’attrait touristique : des pistes de ski de fond en hiver, des sentiers à travers forêts et pâturages en été, et surtout du soleil et du bon air en toute saison, quand la plaine est noyée dans le brouillard ou dans la pollution.
L’équitation et le cyclisme sont explicitement mentionnés dans la loi sur les forêts : leur pratique en forêt est auto-risée uniquement sur les chemins groisés, sur les routes avec revêtement en dur ou sur des pistes balisées à cet effet. Ces restrictions ne s’appliquent toutefois pas aux pâturages boisés.
Les sports motorisés sont soumis en outre aux restrictions imposées par la loi sur les forêts (interdiction de la circulation des véhicules à moteur en forêt) ; ainsi, l’utilisation de motoneige ou quads est en principe réservée au strict usage professionnel. Des abus ayant été constatés, une surveillance accrue s’impose de la part des autorités concernées (de même qu’une pratique restrictive dans la délivrance de permis de circulation).
Quant à la pratique du motocross, une solution provisoire a pu être trouvée avec un club local (pratique limitée à un secteur bien défini à Corgémont). Une coordination est plus que jamais nécessaire entre ce rôle d’accueil de la forêt et les impératifs liés à la sylviculture, l’agriculture, la protection de la faune et de la nature, l’aménagement du territoire.
L’école enfantine de Plagne prévoit la construction d’un canapé forestier.
Un canapé forestier désigne un espace aménagé en forêt, souvent constitué de matériaux naturels comme des troncs, des branches ou des tapis de feuilles, qui sert de lieu d’étude, de jeu, de repos et de contemplation pour les élèves, tout en favorisant une immersion dans l’environnement naturel. Ce concept est souvent associé à des pratiques de pédagogie en forêt, où l’on utilise la forêt comme cadre d’apprentissage.
La pédagogie en forêt repose sur l’idée que l’immersion dans la nature stimule la curiosité, la créativité et l’obser-vation chez les enfants et les adultes, tout en développant des compétences environnementales et sociales. Elle encourage une meilleure compréhension des écosystèmes et favorise une connexion profonde avec le monde naturel, tout en apportant des bienfaits pour la santé mentale et physique, en réduisant le stress et en améliorant la concentration et le bien-être général.
Le forestier d’Etat actuel de la bourgeoisie de Plagne est coordinateur pour le Jura bernois des journées « Rendez-vous Forêt bernoise ». Rendez-vous Forêt bernoise est une initiative pédagogique du canton de Berne qui offre aux classes d’école primaire des activités gratuites en forêt. Cela permet aux élèves de découvrir les diffé-rents habitats forestiers et la biodiversité qu’ils abritent, tout en les familiarisant avec les écosystèmes naturels. Le forestier organise une visite ludique adaptée aux enfants, soit pour une demi-journée, soit pour une journée complète, à proximité de l’établissement scolaire. Une journée en forêt riche en expériences
Toutefois, en maints endroits, il n’est pas possible de dégager une fonction prioritaire : la multifonctionnalité reste de mise, et c’est là que réside une part de « l’art du sylviculteur« .
Quant aux pâturages boisés, soumis eux aussi à la législation forestière, ils occupent une place bien particulière : leur survie dépend fortement de l’évolution de l’agriculture. Les solutions doivent ici être recherchées dans une collaboration et une coordination renforcée entre tous les acteurs, que ce soit au niveau du terrain ou au niveau des autorités et des services spécialisés.
Organisation
L’administration des forêts de la Bourgeoisie est assurée par le Conseil de Bourgeoisie et ses organes. Le triage forestier « La Baroche » a été créé le 1er mai 1979. Il groupait les Bourgeoisies de Plagne, Vauffelin et Romont. Il avait notamment la fonction d’engagement en commun d’un forestier de triage. Aujourd’hui, Romont fait partie de la Division Forestière du Plateau, Plagne et Vauffelin de la Division Forestière du Jura bernois (DFJB). Plagne fait partie du triage d’Etat « 4002 Baroche, Péry, La Neuveville », avec un forestier d’Etat pour les tâches canto-nales et un forestier sous mandat du triage Mont-sujet pour les tâches de gestion.
Surface forestière du dernier inventaire, 2012
- Forêts 228.28 ha,
- Pâturages boisés 184.55 ha,
- total soumis au régime forestier 412.83 ha
|
Type
|
Surface
|
Pourcentage
|
|---|---|---|
|
Rajeunissement, fourré, <12cm DHP
|
11.08 ha
|
4.85%
|
|
Perchis, 12 à 30 cm DHP
|
26.79 ha
|
11.74%
|
|
Jeune futaie, 31 à 40 cm DHP
|
96.87 ha
|
42.43%
|
|
Moyenne futaie, 41 à 50 cm DHP
|
63.71 ha
|
27.91%
|
|
Vieilles futaies > 50 cm DHP
|
6.53 ha
|
2.86%
|
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Peuplements irréguliers :
|
5.70 ha
|
2.50%
|
|
Hors exploitation, réserves naturelles, carrières :
|
17.60 ha
|
7.71% (s’y ajoute 4,5ha en 2025)
|
Etages de végétation
Les forêts des divers étages altitudinaux se distinguent par leur composition en essences, par l’importance des facteurs stationnels déterminants et par leur dynamique naturelle. Ceci influence autant l’objectif sylvicole que le traitement des jeunes forêts. En outre, avec le changement climatique, les conditions qui domineront dans le futur seront celles que l’on rencontre aujourd’hui à des étages de végétation situés plus bas. Autrement dit, les étages de végétation se décaleront vers le haut.
La majeure partie de la surface forestière de Plagne est actuellement une hêtraie de l’étage montagnard inférieur, station forestière 12a (futur 9a). Dans la partie plus haute en altitude, depuis le Châble Peron jusqu’à la limite Est de la commune, c’est de la hêtraie de l’étage montagnard supérieur 18 (futur 7a) qui prédomine. Les forêts de La Paroi, au Sud de la commune sont de l’étage submontagnard, station 12e (futur 10a).
A tous ces étages, sur des stations extrêmes, se rencontrent d’autres types de forêts ; on peut citer principalement :
- Sur stations humides à très humides (fonds de vallons, pieds de versants, rives alluviales, zones de sources, etc) : frênaies, aulnaies
- Sur stations extrêmement sèches et rocheuses : pineraies, hêtraies à seslérie
- Sur station à éboulis plus ou moins actifs : érablaies, hêtraies à tilleuls
Les pâturages boisés, logiquement implantés sur les stations convenant mieux aux herbages, se trouvent soit au pied des versants boisés, ou sur les hauts plateaux. Certains se caractérisent par leur tendance sèchard et figurent donc à l’inventaire cantonal des terrains secs.
Les projections sur le climat (+1.8°C en 2070) nous indiquent que toute la surface forestière de Plagne deviendra progressivement de l’étage submontagnard. Si nous observons donc aujourd’hui les essences présentes à La Paroi, nous pouvons nous faire une idée des changements qui auront lieu dans les 50 prochaines années, et de l’image qu’auront les forêts de Plagne dans le futur.
Montagnard supérieur
Présent :
18 Hêtraie à Sapin typique Festuco-Abieti-Fagetum
Forêt à très bonne croissance, le hêtre domine aux côtés du sapin, en mélange épicéa, par endroits érable des montagnes, sorbier des oiseleurs ; degré de fermeture normal a entrouvert, arbres isolés et petits collectifs. La strate herbacée peut être clairsemée ou presque fermée, mais généralement peu de végétation au sol. Les espèces caractéristiques sont l’adénostyle à feuilles d’alliaire, la grande fétuque et l’aspect marqué par les fougères. Type de station forestière le plus typique/répandu de l’étage montagnard supérieur, situé au milieu de l’écogramme. Sols frais, généralement développés.
Essences à favoriser :
Érable sycomore, Hêtre, Érable plane, Chêne sessile, Chêne pédonculé
Essences à maintenir :
Sapin, Aulne blanc, Bouleau, Mélèze, Épicéa, Tremble, Cerisier, Saule marsault, Alisier blanc, Sorbier des oiseleurs, Tilleul à petites feuilles, Tilleul à larges feuilles, Douglas, Érable champêtre, Aulne glutineux, Charme, Houx, Noyer, Pin sylvestre, If, Paulownia, Chêne rouge
Essences à diminuer :
–
Futur :
7a Hêtraie à Aspérule typique Galio-Fagetum typicum
Forêt de hêtres à très bonne croissance « à allure de cathédrale » où presque toutes les espèces d’arbres pous-sent bien, mais la concurrence du hêtre est forte ; fûts droits. La strate muscinale est peu développée. Sous les épicéas, il y a souvent une couverture dense de ronces communes.
Montagnard inférieur
Présent :
12a Hêtraie à Dentaire typique Mercuriali-/Cardamino-Fagetum typicum
Forêt de hêtres à très bonne croissance, souvent « à allure de cathédrale » avec fûts droits. Le sapin, l’érable des montagnes et le frêne commun peuvent être mélangés. Les espèces de chênes, de charmes et les cerisiers sauvages sont rarement présentes dans la strate arborescente. Aspect herbacé. Souvent dominé par la dentaire à cinq folioles ou la mercuriale vivace, parfois par des fougères. Type de station forestière le plus typique/répandu de l’étage montagnard inférieur (dans les régions calcaires). Versants, généralement sur éboulis calcaire stabilisé. Sols bruts calcaires riches, pierreux (parfois brunifiés) avec généralement un épais horizon de mélange Ah.
Essences à favoriser :
Érable plane, Érable sycomore, Hêtre, Cerisier, Chêne sessile
Essences à maintenir :
Sapin, Érable champêtre, Érable à feuilles d’obier, Bouleau, Houx, Mélèze, Tremble, Chêne pédonculé, Saule marsault, Alisier blanc, Sorbier des oiseleurs, If, Tilleul à petites feuilles, Tilleul à larges feuilles, Aulne blanc, Charme, Noyer, Pin sylvestre, Cormier, Alisier torminal, Pin noir
Essences à diminuer :
Épicéa, Sorbier de Mougeot
Futur :
9a Hêtraie à Pulmonaire typique Pulmonario-/ Lathyro-Fagetum typicum
Forêt de hêtres à bonne croissance « à allure de cathédrale » avec fûts droits, où presque toutes les espèces de feuillus peuvent être mélangées. Souvent, la mercuriale vivace et/ou les espèces indicatrices de calcaire dominent. Floraison printanière dans la strate herbacée. L’aspect de la strate herbacée peut être déterminé par différentes espèces. La mercuriale vivace domine souvent, mais il existe également des peuplements pauvres en espèces. Type de station forestière le plus typique/répandu de l’étage submontagnard (dans les régions calcaires). Terrains en pente, généralement sur des éboulis calcaires stabilisés.
Submontagnard
Présent :
12e Hêtraie à Dentaire avec Laiche blanche Mercuriali-/Cardamino-Fagetum caricetosum albae
Forêt de hêtres à croissance modérée avec de l’alisier blanc, du pin sylvestre et parfois de l’if ; peu d’espèces de chênes, de charme, et de cerisier sauvage dans la strate arborescente ; sec pour le sapin. Souvent pelouses de laîches et de graminées. Versants secs, surtout exposés au sud. Sols bruts calcaires secs, souvent peu profonds et pierreux.
Essences à favoriser :
Érable champêtre, Érable plane, Érable sycomore, Hêtre, Chêne sessile, Tilleul à larges feuilles
Essences à maintenir :
Sapin, Érable à feuilles d’obier, Bouleau, Charme, Houx, Mélèze, Pin sylvestre, Tremble, Cerisier, Chêne pédon-culé, Saule marsault, Alisier blanc, Sorbier des oiseleurs, Alisier torminal, If, Tilleul à petites feuilles, Pin noir, Noyer, Pommier sauvage, Cormier
Essences à diminuer :
Épicéa
Futur :
10a Hêtraie à Pulmonaire avec Mélitte Pulmonario-/ Lathyro-Fagetum melittetosum
Forêt de hêtres à croissance modérée où le pin sylvestre et presque tous les feuillus peuvent être mélangés. Herbacé à clairsemé. Souvent pelouses de laîches et de graminées. Sommets, versants peu pentus tout comme raides, endroits secs, calcaire. Sols modérément secs.
Les essences ci-dessus en italique sont adaptées au climat du futur mais il est encore trop tôt pour les favoriser, elles ne seraient pas adaptées au climat actuel dans ces stations.
Sols
Le sol est un élément de la biocénose forestière, car il abrite la zone racinaire des plantes, indispensable à leur croissance. La formation des sols est un processus constant dicté par divers facteurs pédogénétiques. La roche-mère, le climat, le relief et les organismes qui exercent leur influence au cours du temps en font partie. L’altération (physique, chimique, biologique), la formation de l’humus et sa texture, la néoformation de matière minérale ainsi que la migration des minéraux argileux, des éléments nutritifs et des matières humiques constituent l’essentiel de la pédogenèse. Ces processus déterminent la morphologie et les propriétés des sols. Ces couches, appelées les horizons du sol, sont subdivisées en fonction de leurs caractéristiques. L’appréciation de certaines caractéristiques du sol par le forestier permet aussi d’évaluer les conditions offertes à la croissance des plantes.
Les horizons organiques recouvrent les horizons minéraux. Ils se distinguent par le degré de décomposition de la matière organique et par la structure des débris végétaux. Ces horizons sont le résultat de processus de décomposition et de transformation dans des conditions de milieu variées où l’humidité de la couche supérieure du sol joue notamment un rôle déterminant.
La plupart des forêts et pâturages de Plagne se trouvent sur des couches de calcaire massif du Kimmeridgien. Nous y rencontrons des sols du type Rendzine (jadis sols carbonaté-humique) avec des horizons de Mull changeants. La Rendzine est un sol formé sur roche calcaire dure ou meuble. Superficiel à moyennement profond, mais devient parfois finement granuleux en s’altérant; souvent pierreux. Il s’accompagne généralement d’une forme d’humus active, le mull. Le mull se forme lorsque les débris végétaux sont décomposés en l’espace d’une année et que la matière organique transformée se mélange en profondeur avec la matière minérale fine.
Soins culturaux
En règle générale, le rajeunissement naturel est favorisé. Il faut profiter de la dynamique naturelle aussi dans les jeunes peuplements et n’intervenir que si cela est nécessaire pour atteindre les objectifs. Pour compléter des sur-faces sans rajeunissement, et notamment à la suite du défaut de recru d’essences adaptées au changement climatique, on peu procéder, dans une petite mesure, à des plantations artificielles. Dans le rajeunissement et dans les fourrés, des soins culturaux sont prévus en moyenne tous les trois ans.
Les jeunes forêts jouent un rôle clé dans l’adaptation au changement climatique. Il est donc essentiel d’identifier dans le rajeunissement naturel des essences aujourd’hui encore peu concurrentielles, mais adaptées aux condi-tions futures, et de les promouvoir si cela fait sens.
La planification et l’exécution des mesures sylvicoles doivent respecter les principes de la sylviculture proche de la nature. Conformément à l’art. 9 OCFo, il faut viser :
- Une régénération naturelle
- Une représentation équilibrée des classes d’âge
- Un ensemble naturel et diversifié d’essences adaptées à la station
- Une préservation de la végétation, du sol et des biotopes dignes de protection.
Cette présentation a été faite avec l’aimable collaboration de M. Adrien Cortat, Forestier d’Etat du triage 4002 et responsable de la formation de l’office des forêts et des dangers naturels, division Jura bernois.